Marie Avril (1938 – 2026)

À la mémoire de la première présidente de l’Association BESEDA, récemment disparue.

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris la disparition de Marie Avril, née
Lossky, qui s’est éteinte dans la nuit de samedi à dimanche, ce 17 mai.
Née à Prague le 28 juin 1938, Marie était une figure discrète mais active de l’émigration et du
monde intellectuel russe à Paris. Fille aînée de Boris Lossky, conservateur du musée des
Beaux-Arts de Tours puis du château de Fontainebleau (grand spécialiste de l’art baroque et
frère du théologien Vladimir Lossky), elle avait pour sœur Hélène Lossky, de dix ans sa
cadette.
Après une scolarité dans le secondaire au lycée Balzac de Tours, Marie poursuivit ses études
au lycée Henri IV à Paris, où elle rencontra son futur mari François Avril. Entrée avec lui à
l’École des Chartes, elle le suivit à l’issue de sa scolarité à l’École française de Rome, résidant
pendant deux ans dans la capitale italienne. Expérience inoubliable qui la marqua
durablement.
De retour en France, ils entrent tous les deux à la BnF (alors simplement BN), Marie étant
affectée au Service slave où elle fit toute sa carrière et qu’elle dirigea dans les dernières
années de son activité, contribuant notamment à l’enrichissement du fonds des futuristes
russes et participant à diverses expositions, dont celle, mémorable, consacrée à « La France et
la Russie au siècle des Lumières » au Grand Palais en 1986, dont une réplique fut présentée
l’année suivante au musée de l’Ermitage.
Sa retraite, en 2002, ne fut pas inactive. Marie aidait volontiers ses collègues des différents
départements de la BnF à identifier et déchiffrer les documents russes conservés dans leurs
fonds. On lui doit notamment le classement du fonds Boris Kochno, lié aux Ballets russes, à la
bibliothèque de l’Opéra -— annexe du département de la Musique de la BnF. Signalons
également son importante contribution à la rédaction du dictionnaire biographique en trois
volumes, L’émigration russe en France, 1919-2000, publié en 2010 aux éditions « Nauka » à
Moscou, sous la direction de Lev Mnoukhine et de Véronique Lossky [Lev Abramovitch
Mnoukhine, Marie Avril et Véronique Lossky, Rossiyskoe zaroubejié vo Frantsii, 1919-
2000 : biograficheskiy spravotchnik v trëkh tomakh, Moskva : Dom-muzey Tsvetaiévoy,
2000-2010]. On lui doit la traduction en français, en collaboration avec sa sœur Hélène, des
Mémoires de leur grand-père, le philosophe Nicolas O. Lossky, publiées tout récemment à
compte d’auteur aux États-Unis par leur cousine Marie Elias.
Ouverte à ce qui venait de Russie, elle a accueilli et aidé divers représentants des plus récentes
vagues de l’émigration russe et gardait de nombreux liens avec le monde culturel de
l’ancienne URSS.

Mémoire éternelle !

Source image : IA